ALAN ROURA

Vendée Globe 2020

JOUR 43 - Message du bord

C'est dimanche, pas vraiment de week-end ici, mais ça reste une super journée. C'est le jour où je change de sac de nourriture, où je fais un coup de nettoyage du bateau. Et aujourd’hui, ouvrir le sac de nourriture des deux prochaines semaines, qui est rempli de cadeaux de Noël, ça me donne envie de tous les ouvrir ! Mais non Alan, non...

C'est aussi le lendemain de notre sortie de la dépression ! Le soleil n'est toujours pas là et le vent qui est censé tomber ne se précipite pas pour redevenir moins fort ! 

Ce matin, je suis sorti prendre l'air, la mer était belle, alors je n’ai pas mis ma salopette. Ça n'a pas manqué : j'ai pris une vague et je suis trempé jusqu'au fond des bottes… Je suis ensuite allé au pied de mât, avec l'envie d'attaquer, de mettre ma grand voile avec un ris et un joli gennak. Mais au moment où je commence à mettre la manivelle de winch pour hisser la toile, je regarde au loin et une petite voix me dit : « Alan fais toi un café, attends encore un moment. » Et bien merci la petite voix ! J'ai 30 noeuds en ce moment et la mer est redevenue assez forte.

Je glisse bien, le bateau est stable, je reste avec ma voilure de la nuit et je ferai un tour dans le mât quand le temps sera meilleur. Ce qui compte c’est que je suis en course, La Fabrique va bien et le marin aussi. 

La triste nouvelle du jour c'est le démâtage de Stéphane, qui me chagrine beaucoup. J’adore ce personnage, il faisait une super course. On met tellement d'énergie dans nos projets, tout notre argent, notre temps et quand ça s'arrête brusquement et que l'on ne peut rien y faire, c'est très dur. J'ai une grosse pensée pour lui et j'espère qu'il va pouvoir rejoindre la côte australienne sans trop de soucis.

Stéphane, tu as fais une course de maître, j'imagine ce que tu ressens mais tu peux rentrer la tête haute, tu a fais quelque chose d'incroyable et on est tous à fond derrière toi. Et bravo encore pour le chemin que tu as fais !

Moi, si tout roule, j’aurai passé Leuuwin le 21. J'aurai un jour d'avance sur Éric, ce qui n’est pas trop mal. Et donc Noël se fera proche de la Tasmanie, comme prévu. Je ne sais pas où je me situe par apport à Mich’ Desj’, si je suis dans ses temps de 2000, mais ça me semble pas trop mal pour le moment. Je passerai donc le nouvel an dans le Pacifique. Cest assez drôle la manière de calculer ! Après le nouvel an, il me restera 4 000 milles jusqu'au Horn et après, ce sera l’Atlantique. Ça peut aller très vite jusqu'au Horn, mais la remontée jusqu'aux Sables peut être bien longue... La côte brésilienne réserve souvent de belles surprises. Mais on y est pas encore ! Déjà Leeuwin, un coup de champagne et après on rentrera le point GPS de la suite !

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