ALAN ROURA

Vendée Globe 2020

JOUR 30 - Message du bord

C'est ce qui s'appelle un come-back ! Me voilà l’étrave dans le tableau arrière de l’Irlandais, après une nuit de bagarre entre deux machines de 10 ans d'écart. Il m'a même écrit qu'il n'en revenait pas. C'est une bonne chose, mais il y en a d’autres qu’Enda après qui j’en ai. Et je suis sur la bonne voie pour peut-être y arriver : depuis hier, j'ai repris 100 milles à Rich Wilson et 60 à Romain Attanasio.

En fin de journée, le vent va encore monter pour moi et je devrais prendre jusqu'à 30 noeuds fichiers, ce qui devrait me pousser de plus en plus vite vers eux. J'espère bien avoir une bonne surprise demain, mais déjà ce main je suis bien content de là où je me trouve. Le bateau a vraiment du potentiel, je pense finalement avoir pris une option qui paye, tardivement mais qui paye !

Me petite Fabrique est toute fière ce matin. Aaaah les femmes alors ! 16 ans ma cocotte et tu fais peur à des bateaux qui ont fait des merveilles. Moi je dis : « Chapeau bas ma Bigoudène ! »  J'avoue qu'elle a plus géré que moi cette nuit. Je suis resté bien au chaud, sous ma couette, à bosser sur la météo et la stratégie plutôt que de régler les voiles. Ça va freiner par devant, c'est sûr, y'a encore un coup à jouer et je ne vais pas le rater. 

Cette nuit va être sportive, le vent est déjà bien monté, je suis dans 25 noeuds de vent, un ris dans la grand voile et J2. Ça pousse pas mal, même si le 2ème ris ne va pas tarder à être pris à son tour. J'ai des surfs à 27/28 noeuds et ça enfourne. Pas très bon pour mon poteau.

À bord, c'est la java, je cherche à l'horizon mon copain l’Irlandais. Il semblerait qu'il m'a vu cette nuit, mais pas moi. Ni à L'AIS, ni en visu. J'avais peur que Pieter revienne pleine balle, mais il a bien freiné ce matin et je vais pouvoir reprendre mes distances. Il marche par journée. Un coup, il te remonte de 100 millles en 24 heures et un coup c'est l'inverse. Là, il est à 80 milles derrière et il va y rester le Hollandais volant.

Me voilà quasiment là où je voulais être dans la flotte pour rentrer dans l'Indien, être avec les copains pour faire le Sud en mode côte à côte et avoir le bateau à 100%. Et c'est le cas. Pour moi l'Atlantique n'a pas été simple, beaucoup de près, de pétole et de visite touristique des îles et du Brésil. Maintenant, je suis en mode course et je veux ma première place au classement « vintage ».

Le soleil vient d’arriver, mais au fond on voit le mauvais temps qui s'approche pour nous cueillir dans pas longtemps. Cette fois, je me réjouis qu'il arrive pour me pousser encore un bon coup dans l'Est et encore recoller au peloton. Un empannage est prévu demain matin vers 10h pour prendre la bascule, ça tombe bien, je n'aime pas les manoeuvres de nuit.

Allez, à plus les copains, moi j'attaque !

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