ALAN ROURA

Vendée Globe 2020

JOUR 11 - Message du bord

Voilà un nouveau jour passé en mer. Le Cap vert commence à être loin derrière et c'est bon signe. Nous entrons dans une phase de transition, le fameux Pot au noir. Enfin, je crois… Le ciel est bien couvert, la chaleur est intenable, je pense que ce soir l'orage va péter ! Mais un peu de pluie = une douche ! Ah le bonheur, même moi je ne supporte plus mon odeur…

Je pense que dans la vie il y a des signes. Cette nuit, il était environ 4h du matin, une petite lumière au loin, et un bateau apparaît à l'AIS. Il a fallu que je me frotte les yeux plusieurs fois pour bien lire « Mordilou ». Pour ceux qui ne savent pas, ce petit bateau est un Mini 6.50 qui fait route pour Cap Town. Mais avant ça, c'est le bateau qui m'est rentré dedans sur le départ de la Mini Transat 2013. Plus de peur que de mal, nos deux bateaux avaient fini la course et ç’a été une magnifique rencontre avec Erwan Pellen, un père de famille qui réalisait son rêve : traverser l’Atlantique en solitaire. Depuis, le bateau a été vendu mais nous sommes restés très proches. C'est le genre de personne qui a toujours été la pour moi, pour me filer un coup de main, me mettre des coups de pied aux fesses quand il le fallait. C'est une personne en or, un ami, qui a passé des week-ends à nous aider sur Superbigou, pour nous permettre d’être là où nous sommes aujourd'hui. Croiser ton ancien bateau Erwan, ça m’a foutu les larmes à l’oeil ! Je te revois à l'arrivée de la Mini Transat, avec ta moustache mexicaine...

Tout ça pour dire que la mer, le monde est petit. C'est un grand honneur d'être là où je suis aujourd'hui et c'est grâce à beaucoup de gens comme Erwan Pellen. Au final, un IMOCA, c'est qu'un gros Mini ! Et un tour du monde, c'est que de l’eau ! Mais j'aimerais faire ça proprement, pour tous vous remercier.

Alors me voilà à l’attaque, encore une fois. Je ne lâcherai pas les trois bateaux qui sont devant mon étrave. Je suis dans un vent de 11 noeuds à 52° en apparent et je fonce. J'ai rangé le J1/Gennak pour le J2, La Fabrique est très stable et glisse, elle fend la mer. Je suis en plus de ça à 110% des polaires du bateau d’à l’époque de Bernard !

C'est l'heure d'essayer de manger un bout, l'appétit n'est pas là ces jours. Une chaleur à crever et beaucoup d’humidité, ça coupe la faim.

Une bonne journée à tous

Le petit Suisse 

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