ALAN ROURA

Vendée Globe 2020

Le bateau vu par… Pierre Rolland

La Fabrique, Superbigou de son nom de baptême, est un bateau historique de la Classe IMOCA 60. Aux mains de Bernard Stamm pendant près de 10 ans, il affiche aujourd’hui l’un des palmarès les plus fournis et le plus grand nombre de milles au compteur parmi les 29 bolides amarrés au pontons des Sables d’Olonne (400 000 milles). Connu de tous, il a laissé bon nombre de souvenirs chez certains des plus grands marins et techniciens de course au large. 

Parmi eux, Pierre Rolland, architecte de l’IMOCA 100% bigouden.


Pierre, quelle est votre histoire avec Superbigou ?

Superbigou et moi, c'est une longue histoire… J'avais déjà dessiné un Mini 6.50 pour Bernard, le N°138, avec lequel il fait troisième à la Mini Transat 1995. Ensuite, on a fait un « gros Mini de 60 pieds » : un bateau simple, léger et puissant. Il avait un cran d'avance sur ce qui se faisait à l'époque, mais le manque de budget et le temps de construction on fait que Bernard n'a jamais terminé le Vendée Globe avec. Mais il a gagné deux Velux Five Oceans, même si ce n'est pas le Vendée... Il y a eu aussi le record de l'Atlantique en équipage avec un budget ridicule. C'étaient vraiment de bons moments.

Photo Roland

Le voir aujourd’hui sur la ligne de départ du Vendée Globe, 16 ans plus tard, ça fait quoi ? 

Ça fait vraiment plaisir de revoir ce bateau au départ du Vendée, avec un Suisse à la barre en prime ! Bien de l'eau a coulé sous les coques des 60 pieds IMOCA depuis le lancement de Superbigou, il y a eu beaucoup d'innovations avec les carènes à bouchains, les mâts ailes, les dérives et puis maintenant les foils. À l’époque, on était les premiers à avoir mis des ballasts en plus de la quille pivotante, aujourd'hui tout ça s'est perfectionné. Mais il y a un point sur lequel le bateau reste dans le coup, c'est son poids ! Ça reste un bateau léger. À l’époque, on avait bossé avec Denis Glehen, jeune ingénieur calcul chez HDS, et en compilant ses compétences avec mon expérience dans la conception de Minis 6.50 et l'expérience de Bernard en construction, on est arrivé à faire un bateau tout carbone époxy par voie humide sous vide avec une âme en mousse pvc : aussi léger que des bateaux en préimprégné, beaucoup plus chers. Il faut croire que la construction était de qualité puisque qu'il va courir le Vendée, seize ans plus tard. Je souhaite à Alan de se faire plaisir et surtout de terminer...

Photo Rolland

 

 

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