ALAN ROURA

Vendée Globe 2020

Actualités

JOUR 86 - « Tout ce que je suis venu chercher »

Toujours en treizième position du Vendée Globe 2016/2017, Alan est attendu à la latitude de l’équateur ce vendredi, marque de passage des 3 000 milles de l’arrivée. Avec une nouvelle option stratégique à prendre dans les jours à venir, afin de savoir s’il devra laisser l’île de Fernando de Noronha à bâbord ou à tribord, le skipper de La Fabrique poursuit sa remontée de l’Atlantique en prenant ses distances d’avec ses poursuivants et en tentant de ne pas se faire décrocher par ses plus proches concurrents de devant. Pour l’heure, le benjamin de l’histoire de l’ « Everest des mers » savoure et profite de l’expérience incroyable qu’il est en train de vivre. Et qui lui apporte tout ce qu’il était venu chercher.

Alan avait trois objectifs au départ : boucler son tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, en moins de cent jours, avec quelques concurrents derrière. Si pour le moment rien n’est encore fait, le benjamin de cette huitième édition du Vendée Globe est en passe d’en réaliser au moins deux sur trois. À environ 1 000 milles de l’équateur, soient environ quatre jours de navigation, le skipper de La Fabrique approche des 85% de chemin parcouru et devrait terminer sa boucle la troisième semaine de février, entre le 15 et le 20. Ce qui porterait donc son temps de course à au moins 101 jours. Actuellement en 13ème position sur 29 concurrents au départ et 18 encore en course, deux de ses trois objectifs pourraient ainsi être atteints, un grand tour de force pour ce jeune marin de 23 ans. « Quand un prends le départ d'une course comme le Vendée Globe, au final, peu importe le classement tant il est déjà si difficile de finir, s’est confié Alan. Je garde un très mauvais souvenir de mon abandon lors d cela Route du Rhum 2014, je ne veux pas revivre ça. Terminer est ce qui compte le plus, pour moi comme pour les gens qui on participé à ce projet, pour ceux qui on cru en moi, ou même ceux qui n’y ont pas cru. Je m'étais aussi fixé cent jours, un temps correct vu l’âge du bateau et mon expérience. Mais au final, je n'ai pas eu les conditions pour avancer comme je le voulais, et si rien n’est encore joué encore, ça me semble de plus en plus compliqué d'y parvenir. Ce sera sûrement dépassé de deux ou trois jours, ce qui ne reste pas si mal je trouve (ndlr : le record du bateau autour du monde avec Bernard Stamm est de 103 jours 22 heure, lors de la Velux 5 Ocean 2006/7, avec deux escales). Je voulais aussi quelques bateaux derrière, j’ai même pris la tête de la flotte "vintage"  et passé plus de la moitié du tour avec des bateaux beaucoup plus performants que le mien. On peut donc dire qu’à l’heure du bilan, ce sera plutôt positif ! » Avec cinq places gagnées "à la régulière" (donc hors abandons ou arrêts techniques) depuis le départ et une onzième place comme meilleur classement à Noël, le contrat sportif serait en effet largement rempli au regard des attentes qu’avait la planète voile pour l’aventurier suisse.

Le meilleur des parcours initiatiques

Mais si le Vendée Globe demeure la course au large la plus difficile au monde, il n’en reste pas moins une aventure humaine extraordinaire où chaque marin se retrouve seul, confronté à lui même, pendant trois mois. Là aussi, Alan Roura peut se féliciter d’avoir vécu un tour du monde des plus riches en termes d’apprentissage : « Je crois que j’ai eu absolument tout ce que je suis venu chercher sur le plan humain de cette aventure. La joie, les pleurs, le désespoir, la fatigue, le bonheur à l’état pur… Absolument toutes les phases qu'un homme peut connaître au cours d’une vie. Le tout condensé en cent jours. J’ai connu la guerre perpétuelle entre les baisses de moral, la fatigue et la volonté de continuer. Il faut savoir se gérer, dans tous les sens du terme, gérer l'homme et ce qu'il a au fond de soi. Connaître ses limites, ses faiblesse, les confronter pour en faire une force. Apprendre à se connaître, savoir qui on est. À se surpasser aussi, à en baver tous les jours, montrer que je ne suis pas qu'un marin d'eau douce, à passer du rires aux larmes,  avoir peur pour ma vie, peur de ne pas avoir la chance de rentrer. » Relativement épargné par les soucis techniques, Alan aura en effet eu son lot d’avaries plus que contraignantes, à commencer par un souci d’antenne de communication satellite, le forçant à se rapprocher des côtes brésiliennes et mettre sa course entre parenthèses. Puis le choc avec un OFNI, occasionnant la perte de l’un de ses safrans et une importante voie d’eau à l’intérieur de son bateau, le poussant cette fois dans ses derniers retranchements, contraint de changer son gouvernail dans plus de 45 noeuds de vent et une mer monstrueuse. Et plus récemment, dimanche soir, la casse de son winch de pied de mât, seul moyen pour le skipper de La Fabrique de régler sa grand voile et d’envoyer ses voiles d’avant. Une avarie qu’Alan a de nouveau maîtrisée de main de maître en un temps record : « J’étais en train de reprendre de la tension dans ma drisse de grand voile quand les fixations du winch à son socle, straté le long du mât, se sont arrachées. J’ai donc fixé un pontet en pied de mât afin de créer un renvoi de tous les bouts vers le cockpit et pouvoir les manier depuis mes autres winchs. Pas une mince affaire, surtout que je n’ai plus d’outils électriques depuis qu’ils ont pris l’eau après mon choc avec l’OFNI ! Alors j’ai creusé à la main au foret… Mais ça le fait, ça fonctionne parfaitement ! » Un vrai Vendée Globe donc, avec ses soucis quotidiens, qu’Alan devrait boucler entre le 15 et le 20 février.


CLASSEMENT DU 30 JANVIER 2017 - 14H UTC

7 - Louis Burton (Bureau Vallée) à 887 milles de l'arrivée
8 - Nandor Fa (Spirit of Hungary) à 1 418,8 milles du 7ème
9 - Eric Bellion (Comme un Seul Homme) à 2 072,3 milles
10- Conrad Colman (Foresight Natural Energy) à 2 300,8 milles
11 - Arnaud Boissières (La Mie Câline) à 3 001,4 milles
12 - Fabrice Amédéo (Newrest-Matmut) à 3 144,4 milles
13 - Alan Roura (La Fabrique) à 3 378,6 milles

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