ALAN ROURA

Vendée Globe 2020

Actualités

Message de la terre - 25/01

Devenu membre à part entière du milieu de la course au large et fier représentant du team La Fabrique aux arrivées des premiers concurrents du Vendée Globe, Alexis Monier n’en reste pas moins un nouveau venu sur la planète voile. Ami de Gilles Avril devenu préparateur de l’IMOCA d’Alan, ce Brévinois de 26 ans a vu sa vie quelque peu transformée depuis le début du projet. C’est par le biais d’un message envoyé à bord le 11 décembre dernier qu’il a tenu à remercier Alan.

A mon tour d’être en mer, direction l’Ouest, puis La Corogne, puis on verra. Le bateau fait toujours 18 mètres, mais cette fois il y a deux coques et les conditions à bord sont sensiblement différentes qu’avec Superbigou. Un point commun : toujours le même plaisir d’être en mer. Et si je suis là aujourd’hui, c’est quand même un peu grâce à toi et à cette année ensemble.

Cette année ensemble, comment la résumer en quelques lignes ? Jusque là pratiquant régulier en voile légère mais aussi moniteur saisonnier, mon expérience « au large » se résumait à quelques navigations côtières, à la journée, en habitable et à peine 300 milles en Mini 6.50 (merci Gilles). Gilles grâce à qui justement, en janvier, tout a commencé lorsqu'il m’a proposé de venir naviguer sur l’IMOCA d’un pote qui a pour projet .. le Vendée Globe 2016 ! Rien que ça ! Et me voilà à passer de nombreuses journées en baie de Lorient à naviguer, puis un chantier d’hiver sur le port de pêche et de longues heures à travailler avec vous : la quille, le mât, l’accastillage, un peu d’élec' et me voilà, sans le savoir, futur préparateur de Superbigou ! 

Et puis en avril, première navigation hauturière au départ de Lorient, direction Lanzarote pour ta qualif'. Mon premier golfe de Gascogne (pas très rigolo), une escale technique à La Corogne (mémorable) et de belles journées/nuits de nav'. Avec Gilles et toi à bord, pas une minute d’inquiétude, tout s’est super bien passé ! Deux très bons marins qui m’ont super bien appris à naviguer, c’est top d’apprendre dans ces conditions : déjà avec des mecs géniaux et, en plus, apprendre au large en IMOCA… La chance diront certains et j’en suis conscient ! 

Une fois aux Canaries, Gilles repart pour le boulot, moi je reste et c’était vraiment parti. Tu m’as fait confiance, montré ce qu’il fallait me montrer pour ensuite me laisser faire. Cette confiance là, c’était quelque chose d’important. Ça m’a motivé à m’appliquer, parce que tu méritais que ton bateau soit « aux petits oignons » comme tu aimes le dire, parce que tu t’es toujours défoncé alors nous aussi on se le devait. On s’est rapprochés aussi, on est devenus amis et j’étais fier de moi quand je suis parti, le bateau prêt pour traverser l’Atlantique avec toi.

Et peu de temps après mon retour en France, je me rappelle encore, pendant que tu faisais route vers les Etats-Unis, Gilles me dit : « T’as un passeport ? Prépare ton sac, on part dans 3 jours à Newport ! ». Et me voilà parti avec le meilleur des équipages, Gilles, Damien et Youenn, pour une expérience extraordinaire : traverser l’Atlantique, dans le sens retour, en IMOCA !! 

En gros, en l’espace de 2 mois, j’ai dû faire pas loin de 3 000 milles à travers l’Atlantique. En IMOCA. Je me répète, mais c'est quand même le rêve ! J’ai tellement appris : les réglages des voiles, vivre dans un univers infiniment grand (l’océan) mais à la fois minuscule (4 m2 pour 4 équipiers...), la nourriture à bord, les nuits découpées par les quarts, les réparations diverses à bord… Moi qui travaillais dans un bureau, j’ai découvert tellement de choses et appris tellement aussi sur moi-même. Tout simplement génial et formateur, une expérience unique ! 

Et rebelote cet été, Gilles et moi on travaille la semaine au club de voile. Cata, optimist, planche à voile … ça change. Et le weekend à Lorient avec toi. Pas question de te lâcher ! Surtout que tu travailles comme un dingue, jour et nuit, pendant deux mois. Tu fais un travail impressionnant, et encore le mot est faible, alors on fait ce qu’on peut pour t’épauler  Il y avait tellement à faire et nous étions si peu nombreux. Mais quand la motivation est là... Pour que Superbigou retrouve au plus vite son élément. Et j’ai vraiment adoré passer mes week-ends sur le bateau, toujours aussi intéressant et toujours un plaisir de travailler avec toi. Tu donnes tellement envie de tout donner pour atteindre notre objectif.

Et à la fin de l’été se termine, c’était en fait une évidence, l’accord était tout trouvé : je deviens préparateur « officiel » de La Fabrique la journée (ok, parfois la nuit, tu es vraiment un malade) et colocataire le soir avec Aurélia (et Louna). Six semaines de travail avec une première montée en tête de mat, à 27 mètres en l’air, une première plongée jusqu’au bulbe, 4 mètres sous l’eau. J’étais fier et tu en as bien profité en fait, à m’y envoyer à chaque fois les fois d’après ! Mais maintenant je le connais par coeur ce bateau, dans les moindre recoins ! Et travailler avec toi ? C’est le top ! Je t’assure mec, tu sais tellement tout faire, me conseiller, m’expliquer, me montrer, et toujours avec le sourire et sans jamais t’énerver. C’est vraiment agréable de travailler un gars pareil et tellement enrichissant. Je voudrais avoir le même chef plus tard ! Tu m’embauches ?

Et les trois semaines aux Sables… Le convoyage d’abord et à peine arrivés, meuleuses et outils déjà ressortis pour les derniers jours de préparation intensive, au coeur du village du Vendée Globe. Travailler sur un bateau du Vendée avec des gars plus passionnées les uns que les autres, côtoyer les plus grands, faire partie intégrante d’un si beau projet … Le rêve, encore, qui se prolonge ! Et puis le jour J. Dimanche 6 novembre, 13h02, tu prends le large pour une boucle d’une centaine de jours. Journée très difficile à décrire tellement c’était puissant, magique, excitant, extraordinaire, mémorable ! Un truc de dingue, trop d’émotions d’un coup, te serrer une dernière fois dans mes bras avant que tu partes faire le tour du monde. Le tour du monde quoi !

Bref, tout ça pour dire merci, merci de m’avoir permis de vivre ça. 10 mois avec toi, ou comment apprendre des centaines de choses toutes plus intéressantes les unes que les autres. On se rend alors compte qu’avec de la volonté, tout est réalisable. Humainement ce fut hyper enrichissant, petit budget donc petite équipe mais tous très soudés. C’est une fierté de te voir aujourd’hui évoluer dans les mers du Sud avec ton joli petit bateau. Tu m’as transmis tes compétences mais surtout ta passion du large. Tu m’as permis de mettre un pied dans le milieu et ce n’est peut être qu’un début, grâce à toi. J’espère que tu profites, nous on est fiers de toi et on ne te lâche pas d’un oeil. Bon, sauf quand je navigue du coup. Mais c’est grâce à toi. Merci bichon !

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Alan, 12ème du Vendée Globe

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