ALAN ROURA

Vendée Globe 2020

Actualités

JOUR 79 - À 5 500 milles de l'arrivée...

Alors que les premiers bateaux commencent à arriver aux Sables d’Olonne, sonnant quelque peu le glas de ce huitième Vendée Globe, 16 bateaux restent encore en course, dont neuf dans l’Atlantique Sud, deux encore dans le Pacifique. Pour Alan et La Fabrique, la route est encore longue avant de couper la ligne d’arrivée de leur tour du monde et beaucoup reste encore à faire pour tenter de modifier le classement.

Alan, dans quelles conditions te trouves-tu, les mers du Sud maintenant derrière toi ?

Ça secoue pas mal, je suis en plein vent de travers, même bien serré. Ça ne souffle pas très fort, hier j’avais 23 noeuds, j’avançais à 18 noeuds, ça envoyait du steak. Ce n’était pas du tout ce qu’annonçaient les fichiers météo, comme d’habitude, mais au moins j’ai pu faire une route rapprochante vers les autres. Il fallait que j’aille le plus vite possible, dans la meilleure direction avec la mer dans le bon sens, ça faisait du bien d’avancer ! Même si le « saut-de-vagues » n’est jamais vraiment génial. Aujourd’hui ça va moins vite, mais le soleil lest là, il fait bon, je suis en short et t-shirt, sauf quand je sors, j’enfile ma combinaison étanche parce que dehors c’est encore Bagdad. La mer est de nouveau très courte, très mal organisée, le bateau vole et plante avec les vagues de face, en mode sous-marin.. Voilà, il fait bon, mais je n’irai pas bronzer dehors !

Tu as perdu de la nourriture pendant la voie d’eau survenue après ta collision avec un OFNI. Où en es-tu de ton avitaillement ?

Je me rationne un peu, d’ailleurs c’est bientôt l’heure de manger et je ne sais pas du tout ce que je vais me faire. Je n’en peux plus de manger la même chose depuis près de 80 jours, il n’y a plus de surprise dans les plats. Et j’ai surtout perdu pas mal de cochonneries : noisettes, amandes, fruits secs, confiture, chocolat… J’ai quasiment tout perdu pendant la voie d’eau. Tous les petits plaisirs, il n’y en a plus depuis mon avarie. C’est chouette ! Il doit me rester dix Balisto dans un sachet, je m’en coupe un en trois avec un petit bout le matin. Ce n’est pas génial mais ça va, j’aurai assez jusqu’à l’arrivée ! 

Tu as aussi perdu ta tondeuse… Un plan B pour ta barbe ?

Pourquoi, elle ne vous plaît pas ma barbe ? (Rires) Non, je ne sais pas, elle me fait coussin, c’est super agréable ! Je vais la garder jusqu’au bout, parce que c’est ma barbe du Vendée Globe, je la garde tant que je ne l’ai pas bouclé. Je l’enlèverai peut-être une fois arrivé aux Sables, mais tant que la ligne n’est pas passée, je la garde ! 

Tu approches des 80% du parcours, commences-tu à réaliser ce que tu est en train d’accomplir, tant sur la performance sportive, que sur l’aventure humaine ou encore sur le record du plus jeune concurrent de l’histoire de la course ? 

Je commence à réaliser, même si j’ai encore cinq jours bien compliqués devant moi, avec une météo merdique, où il faudra bien gérer l’histoire. Après, on devrait être dans des vents plus ou moins constants pour remonter le long du Brésil, je pense que ça va faire un déclic de s’approcher de l’équateur, de voir le Cap Vert et les Canaries sur la carte… On est sur le chemin du retour, mais en fait je ne réalise pas encore bien… Ça peut être encore très long selon la météo, donc je ne me fais pas encore trop d’illusions sur l’arrivée. Je n’y pense pas. Il faut faire gaffe, car ça peut prendre 20 jours comme 30. Quant à être le plus jeune, ça ne me fait rien du tout, du tout, je n’y pense absolument pas. Je me moque de l’âge, quand je vois Rich, ce qu’il prend, je le répète, il a plus de mérite que moi. Alors oui, ok, c’est incroyable, beaucoup de monde est impressionné par ma ténacité et ma volonté à mon âge, c’est un exploit, mais pour le moment ce n’est pas bouclé encore. Donc je n’y pense pas du tout. Je suis le plus jeune de l’histoire du Vendée Globe au cap Horn, ok, mais je n’ai pas encore terminé…

La remontée de l’Atlantique sera ton dernier terrain de jeu pour tenter de gagner des places au classement, tout en tâchant de ne pas en perdre… Comment abordes-tu, stratégiquement, cette dernière ligne droite ? 

Le bateau va bien, il n’a pas eu plus de soucis que ça, même s’il fatigue forcément, donc j’ai la chance de pouvoir attaquer sereinement. J’ai eu un coup de mou après le cap Horn parce que les autres ont réussi à s’échapper, ils sont loin devant maintenant… Mais la route est longue, on ne sait pas encore vraiment ce qu’on va avoir comme météo. On se réjouissait de sortir du Sud pour avoir des conditions agréables et finalement, on a des conditions à la con. Mine de rien, la côte sud-américaine peut vitre être compliquée et il faudra aussi faire attention à derrière, avec Didac et Romain qui sont revenus pleine balle. Mais là c’est bon, j’ai repris du poil de la bête, j’ai des conditions qui me permettent encore d’avancer alors que devant ils sont collés. On verra… En tout cas, je crois encore aux moins de 100 jours ! Ça risque d’être très difficile quand je regarde le temps que certains ont mis à remonter, mais je n’ai pas de regrets particuliers. Tant que je suis encore en course, je n’ai pas de regard extérieur, peut-être qu’en regardant la carto à l’arrivée je restituerai et me dirai « Ah tiens, là j’ai ralenti 3 heures, je n’aurais pas dû », mais je pense que je fais une course honorable avec mon bateau, avec mon expérience. Je vais tout donner dans ces derniers 5 000 milles pour rester dans et état d’esprit.

 

CLASSEMENT DU 23 JANVIER 2017 - 17H UTC

1 - Armel Le Cléac'h (Banque Populaire VIII) arrivé le 19/01/2017 à 16:37:46 FR
2 - Alex Thomson (Hugo Boss) arrivé le 20/01/2017 à 08:37:15 FR
3 - Jérémie Beyou (Maître CoQ) à 31,1 milles de l'arrivée
...

11 - Arnaud Boissières (La Mie Câline) à 5 299,2 milles
12 - Fabrice Amédéo (Newrest-Matmut) à 5 315,1 milles
13 - Alan Roura (La Fabrique) à 5 425,7 milles


MESSAGES DU BORD


JOUR 73Cap ou pas cap ?
JOUR 74Avant hier c'était le cap Horn, aujourd'hui les Malouines
JOUR 75Et bah voilà, c'est quand même mieux quand ça avance !
JOUR 76 Ce matin, je regarde l'horizon, un café à la main, les pieds nus, dans un vent de 5 noeuds
MATIN 77Avez vous déjà vu le film « Seul sur Mars », avec Matt Damon ?
JOUR 77Oulah, je suis à la bourre pour mon message du bord !! Bon, alors !…
JOUR 78Il est dans les 5h du matin, nuit noire, bateau sur la tranche, à sauter les vagues…
JOUR 79Le mot du jour, par Superbigou / La Fabrique

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