ALAN ROURA

Vendée Globe 2020

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JOUR 65 - Repos dans des 50èmes mollissants

Après une semaine des plus mouvementées, entre forte dépression et avarie de safran aux conséquences collatérales importantes, Alan se retrouve de nouveau dans un système anticyclonique, lui ayant permis de remettre La Fabrique en état et de reprendre des forces. À quelque 1 800 miles du cap Horn, le jeune Suisse prie désormais pour des vents plus stables et plus établis afin de sortir du grand Sud au plus vite.

« Ça va, ça va…Dans la molle ! » C’est avec son rire si communicatif qu’Alan a répondu à notre appel, dimanche, à l’entame de sa dixième semaine de course, comme pour camoufler quelque peu son désarroi. Après avoir subi et maîtrisé la casse de son safran suite à la collision avec un OFNI et la voie d’eau qui en avait découlée, le skipper suisse espérait en effet pouvoir profiter de la bulle sans vent qui barrait la route à ses concurrents de devant pour les rattraper. Objectif atteint puisque La Fabrique ne pointe plus qu’à une trentaine de milles de Fabrice Amédéo (Newrest-Matmut) - après en avoir compté plus de 200 -, mais Rich Wilson, 14ème à bord de Great American IV, peut se satisfaire du même bilan. À 450 milles d’Alan lundi soir, Rich n’est plus que 3 milles derrière le Genevois. « J’ai les boules là…, admettait Alan. C’est con, j’étais tranquille, je remontais Fabrice et Cali, pépère, et BAM, ce matin je prends les positions, je cherche Rich partout et je le vois juste derrière, juste là ! C’est dur de ne pas avancer, j’ai passé les trois-quarts de la nuit 1,6 noeuds, le pilote ne tenait plus, j’ai fait des 360° c’était très agréable ! Dès qu'il y a une petite vague, d’ès que le vent tourne, les voiles se gonflent à l’envers et comme il n'y a pas d’appui, le bateau part. Tu tournes en rond, c'est épuisant… » Dans des vents légèrement plus forts depuis la nuit dernière, Alan tentera de maintenir sa 13ème position comme il le peut et devra s’armer de patience avant de pouvoir  espérer prendre la poudre d’escampette : « J’ai une stratégie qui se met en place dans ma tête, deux jours avant le Horn. Je suis à fond dans la météo pour trouver quelque chose à tenter, il y aura peut-être un coup à faire. Ensuite il faudra gérer intelligemment après le passage du Horn, mais on devrait le passer dans de bonnes conditions, c’est déjà une bonne nouvelle. Pour l’instant, c’est à la queue leu leu pour les trois prochains 3 jours. »  

Le regard droit devant

Pour l’heure, Alan a profité de cette zone de pétrole pour finaliser ses divers bricolages et « prendre soin du bonhomme » : « Cette fois tout est vraiment réparé, il doit me rester deux points de colle à l’arrière et il faut que je répare mon convertisseur 220 V qui a pris l’eau, car pour le moment je ne peux plus recharger certains de mes outils. Sinon j’essaye d’améliorer ma vie à bord, trouver des astuces à droite à gauche pour me faciliter la vie ». Oubliées, donc, les mésaventures du début de semaine dernière, Alan a repris son quotidien à lui : 

  • au lever du jour, point sur le classement et la météo pendant que l’eau du café chauffe, puis simulations de routages en savourant sa boisson
  • tour complet du bateau, lampe frontale à poste, avant le second café de la matinée agrémenté d’une barre chocolatée
  • réglage des voiles et rangement du « bazar » de la nuit, « quand tu es sorti manoeuvré et que tu n’as pas tout rangé comme il fallait » 
  • vient ensuite rapidement l’heure de déjeuner : bon petit plat, musique, le tout dehors dans le but d’affiner constamment les réglages du bateau
  • après-midi rythmé par les bricolages, manoeuvres et éléments de routine (matossage, rangement, lessives, analyses et stratégies…)… Et sieste ! Car ça y est, Alan parvient à dormir de jour, jusqu’à parfois 2 heures.
  • dernier repas à la tombée du jour avec un film, avant d’envoyer photos, mails et de trier ses vidéos
  • nuit un coup dedans à dormir, un coup dehors à régler le bateau, l’alarme réglée sur 30 minutes à 2 heures de sommeil, selon les conditions : « L’autre nuit, j’ai dormi 8 heures d’affilée, j’avoue… Mais c’est la plus belle que je me suis faite ces quatre derniers jours : 12 noeuds constants toute la nuit ! »

« J’ai pris mes habitudes », résume ainsi Alan, qui n’a plus que le cap Horn en tête, la remontée de l’Atlantique et le retour aux Sables d’Olonne. Car si la route est encore longue, le moral reste au beau fixe et augmente même de façon opposée au nombre de milles restant avant l’arrivée. Le skipper de La Fabrique dresse ainsi déjà un premier bilan de son aventure : « Je suis content du chemin parcouru jusque là, la seule chose que je changerais, ce serait d’embarquer un gros gennak de capelage, encore plus grand que mon J1 volant, pour gagner un bon noeud et demi dans ce genre de petites conditions. Mais bon, je n’avais pas le budget pour faire une cinquième voile neuve… Peut-être qu’un jour, avec l’engouement qui s’est créé autour de mon aventure, je pourrais repartir avec un bon bateau, avec un budget établi, pour voir ce que je vaux vraiment. Mais on va déjà finir ça ! Ce qui compte, c’est que je me sens changé, le marin comme le régatier. L’homme aussi. » Grandi, Alan le sera certainement à la fin de la boucle : « Vous n’allez pas me reconnaître ! » Et la barbe ? « Ma tondeuse a pris l’eau pendant mon avarie ! J’ai des rasoirs, mais là je ne vais jamais réussir à raser tout ça… Si j’ai trop chaud dans l’Atlantique, je ferai peut-être comme pendant ma qualif, tailler un peu tout ça avec le ciseau de mon Letherman. Mais d’un autre côté, il n’y a qu’ici que je peux la laisser pousser autant, j’aime bien, alors j’en profite ! Et les cheveux poussent aussi, ça fait moins pire... » Passage du cap Horn estimé au 16 janvier en fin de journée pour une arrivée aux Sables d’Olonne à la mi-février.

CLASSEMENT DU 9 JANVIER 2017 - 11H UTC

1 - Armel Le Cléac'h (Banque Populaire VIII) à 4 055,6 milles de l'arrivée
2 - Alex Thomson (Hugo Boss) à 253,1 milles du leader
3 - Jérémie Beyou (Maître CoQ) à 691,7 milles
...

11 - Arnaud Boissières (La Mie Câline) à 5 426,8 milles
12 - Fabrice Amédéo (Newrest-Matmut) à 5 532,9 milles
13 - Alan Roura (La Fabrique) à 5 689,3 milles


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