ALAN ROURA

Vendée Globe 2020

Actualités

JOUR 60 - La Fabrique repartie de plus belle

Les émotions et la rage de sa rencontre avec un OFNI passées, Alan a pu mettre sa hargne au profit de son bateau afin de le remettre en route, dans le bon sens et à vitesse normale. Dans une zone de vents faibles depuis la nuit dernière, le jeune Suisse a en effet pu procéder à une inspection totale de La Fabrique et effectuer les quelques réparations nécessaires. Il fait le point.

Alan, quels dégâts collatéraux as-tu finalement constaté après la casse de safran ? 

C'est moins pire que ce que je m’étais imaginé. Le palier inférieur du safran s'est à moitié arraché de l’embase et le safran, en sortant, a arraché les joints. J’ai mes deux lazy-jacks (cordages en patte-d’oie permettant de retenir le bas de la grand voile) qui ont pété quand j’ai affalé la GV, avec aussi un bout du lazy bag. Toutes mes affaires étaient trempées et j’ai perdu mon premier ordinateur. Niveau électronique, les pilotes et GPS sont ok, seul le vérin bâbord a l’air d’avoir pris un peu, il a pas mal de sel autour. Il va falloir que je contrôle l’intérieur. Autrement, j’ai quelques petits câbles électriques, type de chargement de GoPro, qui sont morts, mais j’en ai d’autres, donc rien de dramatique. 

Où en es-tu des différentes réparations ? 

Hier, j’ai tout dessalé et fait sécher une bonne partie de mes affaires, l’intérieur est sec, j’ai pu de nouveau dormir dans mon pouf et mon duvet cette nuit. Je suis aussi monté au mât pour remettre le lazy en place. Et j’ai passé la moitié de la nuit le bateau couché, toilé et quille sous le vent pour bien le stabiliser, et j’ai pu tout étanchéifier avec une colle étanche : j’ai encore eu 2 litres d’eau qui sont entrés en 6/7 heures dans le compartiment arrière, car il reste un petit jour entre la mèche et l’embase, mais je vais mettre une bâche autour de la mèche pour que l’eau ne rentre plus à l’intérieur. Ce sera bon dans 2 heures. Il me reste une strat à faire au niveau de l’embase et une cale à remettre au niveau de la tête de safran, mais je pense ne faire ça que demain car il n’y a plus de vent, mais la mer est encore trop formée pour travailler à l’arrière. La Fabrique a donc repris sa marche, ça devrait tenir sans souci jusqu’aux Sables ! 


« Ils m’appellent Mac Gyver, ça y est ! » 


Le bateau va bien, donc, et le bonhomme ? 

Le bateau va mieux que moi ! Physiquement, je suis déglingué. J’ai les coudes bien défoncés, J’ai du mal à me tenir sur mes jambes, j'ai du mal à marcher et à me lever. Passer d’assis à debout, c’est compliqué ! J'ai les mains entaillées de partout. Et je suis surtout très, très, très fatigué. Alors je me fais des gros plats depuis l’avarie, pour me caler le ventre, et je bois un maximum de flotte. C’est le contre-coup physique de la demi-heure à remettre le safran, plus la montée au mât, plus remonter la GV derrière…. C’est ce que tu fais normalement en une semaine que tu accumules là en 24 heures. Donc le corps dit un peu « Merde ». Mais je m’en sors bien, ça aurait pu être bien pire, on a vraiment frôlé la catastrophe. Le moral, lui, est ok ! Et puis j’ai reçu des messages des autres coureurs, du « Club des 5 » et de Romain Attanasio qui hallucinaient. Ils m’ont dit que j’étais un grand marin et un grand malade. Ils m’appellent Mac Gyver, ça y est ! La Direction de course était assez impressionné aussi… Il paraît que c’est du jamais vu de remettre un safran en si peu de temps dans de telles conditions. Ils ont dit que j’étais un champion ! 

La course peut reprendre alors ? 

Les gars m’ont en effet dit que la course n'était pas finie, qu’ils ne sont pas si loin. Je n’avais pas regardé le classement de peur de voir les écarts mais au final, je suis à 150 milles de Fabrice, c’est faisable ! Même si je suis passé sous la barre des 10 000 milles avant l’arrivée, ce qui est génial, ça laisse de quoi rattraper ! On va se le passer ce cap Horn ! Bon, ça va être compliqué de, le passer devant Cali comme je me l’étais fixé, mais en même temps, ça ne me servirait pas à grand chose, ce qui compte, c’est d’être devant aux Sables ! (Rires) Donc voilà, je suis 13ème, une place dont je n’aurais jamais osé rêvé, et je vais leur coller au train. Avec la molle qui arrive, si la mer se calme, je peux faire quelque chose. La Fabrique avance bien dans la molle… Et le vent revient par l’arrière, je devrais le toucher avant eux, donc il y a moyen. On verra ! 

CLASSEMENT DU 4 JANVIER 2017 - 17H UTC

1 - Armel Le Cléac'h (Banque Populaire VIII) à 4 055,6 milles de l'arrivée
2 - Alex Thomson (Hugo Boss) à 253,1 milles du leader
3 - Jérémie Beyou (Maître CoQ) à 691,7 milles
...

11 - Arnaud Boissières (La Mie Câline) à 5 426,8 milles
12 - Fabrice Amédéo (Newrest-Matmut) à 5 532,9 milles
13 - Alan Roura (La Fabrique) à 5 689,3 milles


MESSAGES DU BORD

JOUR 58 : Le début de la dépression est arrivé hier soir
JOUR 59 : Une belle journée de bataille, de rage et de tristesse 
NUIT 59 : Il faut que je digère ça quand même

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