ALAN ROURA

Vendée Globe 2020

Actualités

JOUR 57 - Un océan Pacifique des plus indiens

Si le Grand Sud ne se révèle pas comme Alan Roura se l’était imaginé ni ne répond aux fabuleux récits de tous les "tour-du-mondistes", le skipper de La Fabrique s’accroche dans un océan Pacifique qui confirme ne l’être que par son nom. Succession de dépressions, mer croisée et déferlantes de plusieurs mètres de hauteur (normalement propres à l’océan indien) ont en effet remplacé la longue houle et les vents portants réguliers qui ont fait la légende du grand océan. Après huit semaines de Vendée Globe, le jeune Suisse continue de tenir tête à un groupe de bateaux plus récents et performants que son IMOCA des années 2000 et tente d’évoluer du mieux qu’il peut en direction du cap Horn, au gré des changements de voile et des enfournements.

Pas de repas spécial réveillon à bord de La Fabrique, le passage à la nouvelle année faisant pâle figure au tableau des célébrations d’Alan. Un plat à base de poulet estragon et un bol de riz ont ainsi fait office de « bon plat chaud » accompagné d'une goutte de rhum, breuvage bien meilleur que le champagne - dont les stocks diminuent par ailleurs à chaque point de passage symbolique - pour le palais du benjamin de la course. Mais envoyés la photo traditionnelle du marin paré de serpentins offerts à Noël et les voeux à ses supporters, retour à la régate pour le skipper suisse. Toujours bien placé parmi le "club des 5", Alan continue d’impressionner de par sa première moitié de parcours et son tempérament de compétiteur que peu avaient su déceler avant le départ. « J’arrive à accrocher le reste du peloton quand le vent est fort, mais quand ça retombe, je rame ! explique-t-il. Mais c'est super motivant d’être avec eux avec mon vieux bateau, qui pourtant souffre et que je ne peux pas pousser à 100%. » Dans une mer particulièrement déformée après le passage d’une violente dépression en amont de ce petit groupe, Alan avouait en effet peiner à avancer comme il le voudrait, se trouvant dans l’impossibilité de garder de la vitesse sans finir par enfourner. « Les fichiers météo sont quasiment tout le temps faux dans cette zone alors je m’attends toujours au pire pour ne pas me faire surprendre. La nuit dernière, j’étais sous-toilé à bloc pour passer une nuit tranquille et je me suis finalement retrouvé couché en même pas deux minutes. Le matin, la météo nous annonçait du près après la dépression qui va nous arriver dessus lundi et l’après-midi, ça me donnait du portant... Un peu casse-pieds. »  

Rêve contrarié du grand Sud

La zone, effectivement particulièrement perturbée, donnant lieu à un océan Pacifique comme on en a rarement vu, Alan avouait également être quelque peu déçu de ne pas pouvoir expérimenter ces mers du Sud dont il avait tant rêvé. Mais qu’à cela ne tienne, toute expériences reste bonne à prendre pour le Genevois de 23 ans, avide d’en apprendre toujours plus : « Je commence à en avoir un peu marre du Sud, ça fait cinq jours qu’on est censés avoir du vent constant, sans rafales, hormis quelques grains, mais on n’arrête pas de passer de 18 à 36 noeuds. On ne sait plus quoi faire, les autres sont dans la même situation, les vagues sont vraiment horribles. La dépression prévue à partir de lundi, ça va le faire, on va la prendre à la cool, mais je vais encore une fois prendre une cinquantaine de noeuds avec, cette fois, la mer de travers. Ça va être une peu sport. J’ai pris beaucoup plus de vent depuis le départ, ce n’est pas le vent qui m'inquiète, c’est la mer. On se fait défoncer les fesses, on ne peut pas avancer… Cali (Arnaud Boissières, La Mie Câline) me disait hier matin qu’il se rappelait de cet endroit il y a quatre ans, à s’éclater toutes voiles dehors. Et là, il en bave aussi. Je suis un peu déçu parce que je pensais que le Pacifique serait plus cool que l’Indien mais en fait, il risque d'être pire. Mais ce n’est pas grave, j’apprends chaque jour et j’accélèrerai quand je sentirai que ce sera le moment d’accélérer. Le but reste de passer le Horn devant Cali et de le garder derrière aux Sables d’Olonne ! Et puis comme tout le monde se regroupe dès qu’il n'y a plus de vent, on pourrait bien vivre un troisième départ après le Horn ! » 


CLASSEMENT DU 1ER JANVIER 2017 - 17H UTC

1 - Armel Le Cléac'h (Banque Populaire VIII) à 4 673,4 milles de l'arrivée
2 - Alex Thomson (Hugo Boss) à 184,7 milles du leader
3 - Jérémie Beyou (Maître CoQ) à 946,6 milles
...

11 - Arnaud Boissières (La Mie Câline) à 5 693,6 milles
12 - Alan Roura (La Fabrique) à 5 738,1 milles
13 - Fabrice Amédéo (Newrest-Matmut) à 5 795,3 milles

 

MESSAGES DU BORD


JOUR 51 : Je me souviendrai de ce Noël toute ma vie
JOUR 52 : On doit bientôt avoir nos 12 heures de décalage, ça y est !
JOUR 53 : Jour... Oulalah je ne sais même plus !
JOUR 54 : L'inspiration est revenue
JOUR 55 : Encore une journée de saute-vagues...
JOUR 56 : Sortir au plus vite du Sud
JOUR 57 : Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir

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