ALAN ROURA

Vendée Globe 2020

Actualités

JOUR 30 - Message de la Bigoudène

L'Irlande en ligne de mire. Mon skipper n'arrête pas de m'engueuler, j'en prends pour mon grade depuis le départ. Il n’a qu'à changer de paire de lunettes et regarder un peu les polaires de Bernard, il comprendra alors que je n'y suis pour rien. 

En même temps, c'est agréable de naviguer avec Alan. Il est doux avec moi, il ne prend pas de risque inutile. Je le vois souvent un café à la main, assis à regarder le ciel, l'esprit bien pris. Il prend le temps de faire les choses bien, il me contrôle chaque jour (je ne suis pas si vieille que ça, eh !) mais il a raison puisqu'une de mes nageoires (mon safran tribord) commençait à me gratter hier. Et il l’a vu tout de suite. Ce n'est pas un grand coureur au large, mais un marin et un vrai.

Il est sans arrêt en train de prendre soin de moi et il a bien raison, car sans moi il ne serait pas là. Moi non plus d’ailleurs. Je suis sur mon 4ème tour du monde, peut-être qu'il ne me pousse pas autant qu’il le devrait mais il sait ce qu'il fait. La route est longue et même si je me trouve toujours jeune et belle, j'ai quand même 16 ans.

Et mine de rien, sans trop me tirer dessus, il n’est pas si mauvais le petit ! On est en train de remonter l'Irlandais avec l'ancien Gamesa de Mike Golding et Rich Wilson, qui lui est sur l'ancien Mirabeau de Dominique Wavre. Comme quoi, la mémère et le jeunot, bah il faut s'en méfier les copains !

Ici j'ai un peu froid aux fesses, l'eau est glaciale, j'étais bien mieux à l’équateur... C'est pour ça que j'ai pris mon temps mais chuuuut, il ne faut pas lui dire !

Je vois ce jeune garcon réaliser son plus grand rêve et faire rêver des milliers de gens autour de lui. C'est un projet absolument magnifique et c'est un honneur d'en faire partie. Sans son équipe non plus, Alan ne serait pas là. Ils m'ont complètement refaite, avec des tout petits moyens. Alors nous ne sommes pas premiers, mais pas derniers. Et si mon skipper s’endort, ne vous inquiétez pas, je ne suis pas une gonzesse pour rien : je vais bien le remettre dans le bain. J'ai même réussi à lui faire peur ! Ahaha ! En même temps, il me fait surfer dans de grosses vagues alors je me laisse faire. J'ai cru que, passés les 30 noeuds, son coeur allait s’arrêter. Mais le petit, ça lui a fait du bien, aujourd'hui il a une bonne vitesse et on va se les faire ! Il a besoin de prendre encore confiance en lui et surtout d'avoir confiance en moi.

Je le vois grandir chaque jour, il mûrit, c'est un jeune loup de mer et je sais qu'il est très fier de m'avoir comme monture. Il a rêvé de moi pendant des années, je sais qu'il veut finir cette course et me ramener à bon port. Il a peut-être trop de respect pour moi, mais je crois qu'Alan et ses bateaux, c'est comme ça. On ne le changera pas.

Je suis une ancienne légende des mers, je m'appelle « Superbigou » et croyez moi, ce petit con en veut. Alors c'est pas un Irlandais avec un bateau vert qui va passer devant mes rondeur de Bigoudène. On connaît notre objectif et on sait ce qu'on veut dans la vie.

La Bigoudène, La Fabrique

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